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L uke , ce groupe de rock français, qui monte, qui monte, qui monte… Ces 4 compères, intéressants et passionnés de musique, étaient en concert à l’Oasis.
Sur scène, ils ont joué les morceaux de leur nouvel album, résolument rock.Mais ils n’ont pas oublié de reprendre, et le public avec eux, “la tête en arrière”, “soledad” et “le reste du monde”, titres phares qui les ont fait connaitre.
Ce fut un vrai plaisir de les avoir rencontrés.

[Buzzmusical] : Bonjour Luke comment allez vous ? (Thomas) : Ah..alors ???, C’est le genre de question qu’il ne faut jamais poser au chanteur.[Rires] Parce que les chanteurs sont toujours un peu diva, ils ont des petits problèmes de voix, de cordes vocales, ils sont un peu centrés sur eux mêmes! Je te dis ça pour la suite [rires], mais bon moi ça va! (Romain) : Moi aussi ça va, le groupe va bien, on fait plutôt de bons concerts ces temps ci et on espère que ce sera pareil ce soir. [Buzzmusical] : Déjà trois albums à votre actif c’est quoi votre recette pour durer et être autant adorés du public ? (Thomas) : Ouh la la attend…[rires]…D’abord, durer, je ne pense pas que l’on soit encore dans ce schéma. Je pense qu’on en est encore au début, que c’est le moment où on va voir si le prochain album, et si celui encore d’après, va nous faire continuer à faire de la musique. Là on a trois albums derrière nous, mais si tu nous dis,durer, c’est comme si on avait une très longue carrière et qu’on est déjà vieux! Dans ce genre d’exercice, ça peut s’arrêter du jour au lendemain, et pour tout le monde , encore plus pour nous. Et puis pour répondre à “se faire adorer du public” , attention, le public reçoit les chansons avec circonspection, les écoute. Y’a des chansons qu’il aime plus que d’autres. Je ne suis pas sûr que l’expression “adorer du public” soit une vérité ! [Buzzmusical] : Vous nous aviez laissé en 2005, en 2007 vous revenez avec un nouvel album, est ce que cet album est différent des autres ? (Romain) : C’est changer sans changer, c’est à dire, installer encore un peu plus ce que l’on est, et ce que l’on s’est découvert tous les 4 sur la tournée de “la tête en arrière”, c’est à dire l’énergie,cet espèce de son brut et rèche qu’on voulait retranscrire sur ce qu’est devenu “les enfants de Saturne”. L’arrivée de JP en 2005 a permis aussi d’installer notamment un son de guitare, et donc la globalité du son du groupe, une identité encore un peu plus marquée. La seule pression que l’on s’était mise, pour ce disque là, c’était de retranscrire cette énergie et la mettre sur un album, et puis pousser le plus possible les mécaniques de compositions et du jeu qu’on avait trouvé tous les 4. [Buzzmusical] : Pour cet album, vous avez composé pendant la tournée, est ce que vous avez changé beaucoup de choses en arrivant en studio ? (Romain) : En fait, il y a assez peu de morceaux que l’on a composé sur la route. Le 1er vraiment que l’on ai fait est “je suis Cuba”qui était un peu une espèce de pierre angulaire, où on s’est aperçu que l’on était capable, après une esquisse de morceaux que Thomas amène, de pouvoir retranscrire ça, et de nous même nous surprendre pour quelque chose d’assez bancal et clodiquant, mais qui s’est avéré fonctionner et être efficace. Oui, il y a finalement 3 ou 4 morceaux que l’on a fait comme ça en tournée, mais le gros du disque a été fait à postériori, toute l’année 2006 en studio de répétition, et puis après, pendant l’enregistrement du disque.Mais effectivement, le morceau comme “je suis Cuba”, a été la 1ère marche de l’édification de cet album. [Buzzmusical] : Est-ce que vous composez toujours ensemble ? (Thomas) : Le produit fini, on le compose ensemble, mais la 1ère ébauche, le 1er mouvement, c’est moi qui l’amène, comme un tableau, avec un contour assez flou, et puis après on remplit tout ça de couleur pour le terminer. Et puis, je mets le texte, forcément il y a une sorte de solitude, c’est très dur d’écrire à plusieurs.[Rires] Mais on fait en sorte que les textes plaisent à tout le monde. Les autres membres du groupe ont le même droit de regard, au même titre que l’arrangement d’instrument. [Buzzmusical] : Thomas, chanteur, guitariste et parolier, le ton de tes textes est assez sombre, de quoi t’inspires-tu quand tu écris ? (Thomas) : du monde qui nous entoure, nous vivons dans un monde apocalyptique. Il n’y a aucune raison de croire que le monde ira mieux, il va de plus en plus mal! Il suffit que 2 “connards” appui sur une touche et des bombes nucléaires démarrent, et c’est fini! Il faudrait que l’on me prouve en quoi le monde n’est pas près de sa fin. Moi, je suis plutôt pessimiste, mais les mélancoliques que nous sommes sont aussi des gens très drôles. [Rires] La mélancolie c’est l’exact objet artistique. C’est le cri que l’on peut lancer face à l’absurdité du monde qui nous entoure. La mélancolie c’est l’histoire de la littérature, de la peinture. Alors c’est sombre, mélancolique ? hum…mais ce n’est pas si dénué d’espérances. Le fait d’accepter aussi ses doutes, face au monde qu’on nous impose,qui est un monde, où les gens sont de plus en plus mis, dos à dos,où on nous impose un darwinisme social, un modèle de réussite, de performance qui est fausse. Les textes sont sombres mais aussi, face au monde qui nous entoure, où tout est “bling, bling”, où tout est objet, où tout est argent, il faut bien qu’il y ait autre chose. [Buzzmusical] : Votre univers musical ? vous pourriez nous le définir ? (Romain) : c’est du chant en français, ce qui déjà dit beaucoup de choses, dans un style rock. Le point de départ de ce que l’on fait, ce sont quand même des chansons, on fait pas du bruit exprès pour beugler des trucs par dessus. On fait des couplets, des refrains, ce n’est pour le plaisir d’envoyer beaucoup de décibels dans les oreilles des gens. C’est parce que c’est le style que tous les 4, individuellement,ont a écouté le plus, chacun dans son enfance ou son adolescence ou même après.C’est là où, sûrement, puisque l’on a choisi cette voix là, où l’on s’exprime les mieux sur scène et avec nos instruments respectifs. On fait de la chanson rock français. (Thomas) : en même temps ce qui est bizarre, pour ceux qui nous voient de l’extérieur, le rock c’est un style. Mais pour nous qui faisons ça de l’intérieur, le rock, c’est beaucoup plus large que la chanson. C’est la chanson, c’est la musique, ce sont des riffs, c’est de la guitare, c’est de l’arrangement musical, il y a énormément de choses dans le rock. La chanson française, ce n’est que de la chanson française. Le rock anglais , c’est que du rock anglais. Le rock français, c’est beaucoup de choses en même temps. Je dis ça parce que l’on se sent souvent enfermés dans une petite case à la Fnac, mais on pourrait très bien nous mettre en variété française, parce que c’est aussi de la variété française, nous mettre en rock indépendant, en rock français , d’ailleurs on est en rock français. Le rock français, y’a pas plus large stylistiquement. [Buzzmusical] : Vous êtes actuellement en pleine tournée française, d’ailleurs ce soir vous serez sur le scène de l’oasis à quoi pouvons nous, nous attendre ? (Thomas) : De la musique, tout simplement à de la musique. Ce qui est très curieux, c’est de voir les questions autour de ça, qu’attend-t-on d’un concert autres que des chansons d’albums ? Mais maintenant on en demande plus, on a l’impression qu’il faut satisfaire à la fois les yeux et d’autres sens. Nous, on a fait un concert, brut de décoffrage. Y’aura les morceaux et les gens qui jouent les morceaux sur scène. [Buzzmusical] : Vous avez déclaré avoir rencontrer Mickael Jackson, quel souvenir en gardez vous? (Thomas) : Dès que l’on a su qu’il était là, on s’est dit tout le monde va nous en parler, que c’était trop gros pour nous. On a d’ailleurs essayé de le cacher, même si on l’a “lâché” une ou deux fois en interview, comme ça par hasard mais pour être honnête, je crois que l’on en avait vraiment rien à faire. Ce n’est pas du tout par mépris pour lui, parce que c’est une légende absolue. Mais on est était tellement concentré sur notre album, qui était tellement important pour nous , on n’avait qu’une peur, c’est que ça nous déconnecte et que ça déconcentre les gens avec qui on travaillait.  (Romain) : Vu que c’était en Irlande, et là bas les anglo-saxons sont assez intéressés par le personnage, ça nous a assez “emmerdé” que sa présence, ou sa non présence, ou que cette espèce de fantôme rôde sur tout l’enregistrement. Ca nous a mis plus des bâtons dans les roues, qu’une aisance festive. Après, lui serrer la main, c’est un truc, mais je ne vois pas comment on peut raconter ça. C’est comme montrer ses photos de vacances à ses amis, ou au bout de deux, tout le monde s’en fout. [Buzzmusical] : Merci Luke, d’avoir répondu à nos questions. (Thomas et Romain) : Merci à vous ! 
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